LE MANDALA COMME BOUCLIER DE PROTECTION

« Ne sors pas au-dehors, rentre en toi-même ; la vérité réside dans l’homme intérieur » Saint Augustin.

 

À l’heure où l’on s’éclate, où l’on fuit la solitude et le silence, cette phrase a-t-elle encore un sens ? Une des lois de la vie étant l’équilibre et la complétude, la mode du mandala vient, sans doute, comme une médecine. Comme au ski, le mandala nous fait faire une conversion : un demi-tour à 180° vers notre monde intérieur. C’est la plus belle des conquêtes que celle de la connaissance de soi.



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Une quête de soi, une quête du Graal, pour les âmes nobles et vaillantes.

 

Pourquoi ce retour sur soi inspire tant de peur ?
et Pour Quoi entreprendre ce chemin ?

 

C. G. Jung  donne la répondre : »

L’homme a accompli de grandes choses utiles dans le domaine de l’utile, mais en contrepartie il a mis le monde au bord du gouffre, et où s’arrêtera-t-il, où peut-il s’arrêter ? Après la Première Guerre mondiale on a fondé de grands espoirs sur la raison, et on espère aujourd’hui à nouveau. Mais déjà on est fasciné par la fission de l’uranium et on se promet un âge d’or – meilleur moyen pour que l’horreur de la dévastation atteigne la démesure ! Et qui est cause de tout cela ? C’est l’esprit humain, que l’on dit innocent, doué, inventif et raisonnable et qui n’a hélas que le défaut de n’avoir pas conscience de son caractère démoniaque. Oui, cet esprit fait tout pour éviter de voir son propre visage et chacun l’y aide de son mieux. Et surtout pas de psychologie, car cette extravagance pourrait conduire à la connaissance de soi ! Préférons plutôt les guerres, dont l’autre est chaque fois responsable ; et personne ne voit que le monde est tout entier occupé à faire précisément ce qu’on fuit et ce qu’on craint. J’ai le sentiment – pour ne rien cacher – que les temps passés sont loin d’avoir exagéré, que l’esprit n’a rien perdu de son caractère démoniaque, et que les hommes, grâce au développement des sciences et des techniques se sont exposés toujours davantage aux risques de la possession. C’est bien le propre de l’archétype de l’esprit que d’être susceptible d’effets négatifs autant que positifs, mais il dépend de la décision libre, c’est à dire consciente, de l’homme que le bien ne tourne pas en réalité satanique.

 

 

 

Son plus grave péché *, c’est l’inconscience. Quand viendra-t-il enfin le temps où, au lieu de conditionner bêtement l’homme de façon barbare, on cherchera le plus sérieusement du monde les moyens de l’exorciser, de l’arracher

LettreD

à sa possession et à son inconscience en faisant de cet objectif le plus important pour la civilisation ? Ne peut-on enfin comprendre que toutes les transformations et améliorations extérieures n’atteignent pas  la nature intérieure de l’homme et que finalement tout dépend du discernement dont est – ou n’est pas – capable l’homme qui manipule science et technique ?

(texte de 1945 – extrait du livre « essais sur la symbolique de l’esprit » page 137 – Albin Michel)

 

* Annick de Souzenelle a entrepris, avec son regard féminin, une traduction des textes de la Bible. Elle redonne sens au mot « péché » en le traduisant par « rater la cible ». Lavoiedumandala pourrait dire « rater le centre de son mandala ».

 

 

Une voie d’accomplissement de soi

 

« En amont de la mise en branle de tout potentiel, de toute puissance, il doit y avoir
une volonté, c’est à dire un désir, une manque, un rêve, un projet », une étoile.

« Élargir notre conscience jusqu’à la plénitude de l’Un…Mais le projet de l’Un n’est pas d’atteindre, mais d’accomplir ».

   

(Le sens du divin, marc Halevy – page 192 et 199 Editions Oxus)

StGeorgesCAlors, en avant pour cette quête de soi, avec le mandala comme bouclier